Une plaque pour identifier vélos et trottinettes?
Plaque, numéro visible ou autre système d’identification: l’UDC veut permettre de retrouver plus facilement les utilisateurs de vélos et trottinettes après une infraction, un accident ou un délit de fuite. Déjà soutenue par une majorité en commission, sera débattue demain au Grand Conseil.
Feux rouges grillés, circulation sur les trottoirs, conflits avec les piétons: face à certains comportements, l’UDC veut mettre fin à l’anonymat des cyclistes et utilisateurs de trottinettes. Sa motion demande au canton d’étudier un système permettant d’identifier les vélos, e-bikes lents et trottinettes.
Pour Stéphane Florey, l’objectif est autant de faciliter l’identification après une infraction que de dissuader certains comportements: «Quand on voit le nombre de vélos qui circulent sur les trottoirs, où les passants n'osent rien dire, où on voit le nombre de cyclistes qui grillent des feux rouges, en toute impunité, à un moment, si on se dit qu'ils sont identifiables, ça va permettre de faire baisser le nombre d'infractions et d'incivilités.» Le député UDC estime qu’un tel système pourrait également aider à lutter contre les «vélos ventouses», notamment autour de Cornavin.
Des accidents en hausse pour les e-bikes
Les infractions existent: en 2024, la police cantonale a sanctionné 375 cyclistes pour non-respect d’un signal lumineux. Ce chiffre ne comprend toutefois pas l’ensemble des sanctions des polices municipales, dont les amendes payées directement ne sont pas recensées par le canton.
Les accidents restent eux aussi nombreux. En 2025, 226 ont impliqué un vélo classique. Pour les e-bikes, leur nombre a augmenté de plus de 60% en quatre ans. Pour les trottinettes électriques, la hausse atteint 40% depuis 2021, malgré un recul l’an dernier.
Mais identifier tous les deux-roues permettrait-il réellement de modifier les comportements? Au PLR, la proposition divise. Alexandre de Senarclens reconnaît la nécessité de sanctionner certaines pratiques, mais doute de l’efficacité de la mesure: «Il y a des comportements de certains cyclistes qui sont inacceptables et qui doivent être réprimés. Maintenant, la mesure proposée, c'est avoir des plaques pour vélo, ne va pas permettre de résoudre cette problématique.»
Le député pointe également les contraintes administratives et les limites pratiques du dispositif: «Les vélos ne vont pas pouvoir être flashés, donc cette information, on ne va pas pouvoir en faire grand-chose. [...] C'est encore de la contrainte, c'est encore de l'administratif et c'est un dernier petit espace de liberté qui disparaît.»
À gauche, une mesure jugée inefficace
À gauche, l’opposition est plus nette. Les socialistes estiment qu’aucune démonstration ne permet d’établir qu’un système d’identification ferait diminuer les infractions.
Pour Matthieu Jotterand, le problème doit surtout être traité par l’aménagement de l’espace public et la prévention: «Si on est dérangé par des cyclistes dans des zones de mixité mal faites, par exemple, ce n'est pas parce que le cycliste prendra une amende une fois tous les deux mois qu'on sera plus confortable en tant que piéton. [...] Il faut des aménagements, il faut réfléchir à comment on prévient ces comportements douteux de tous les usagers de la route.»
Une majorité en commission, mais Berne en travers de la route
La motion a déjà obtenu une majorité en commission. Mais une éventuelle adoption à Genève ne suffirait pas forcément. La réglementation des véhicules et de leur identification relève largement du droit fédéral. Genève devrait donc convaincre la Confédération pour pouvoir mettre en place le dispositif envisagé.