Genève

Venezuela: «des milliers de familles vivent encore sous des tentes»

02.07.2026 17h18 Denis PALMA

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Huit jours après les deux violents séismes qui ont frappé le Venezuela, les besoins humanitaires restent immenses. Alors que l'association romande Solidar lance un appel aux dons et que la Chaîne du Bonheur organise ce jeudi une journée nationale de solidarité, Léman Bleu a pu s'entretenir avec Joana Mora, directrice des projets de la Fondation Vanessa Peretti (FUNVAPE), une organisation humanitaire basée à Caracas. Son témoignage raconte un pays encore sous le choc, où l'urgence est loin d'être terminée.

Les deux violents séismes ont fait plus de 2'000 morts et laissé des dizaines de milliers de personnes sans abri. La région de La Guaira, près de Caracas, est la plus durement touchée, mais la catastrophe a également marqué la capitale. Plus de 59'000 bâtiments ont été endommagés ou détruits.

«La population est profondément bouleversée»

Depuis Caracas, Joana Mora coordonne les actions de la Fondation Vanessa Peretti auprès des personnes en situation de handicap et de leurs familles. Huit jours après la catastrophe, elle décrit une population profondément éprouvée.

«Nous ressentons bien sûr de la peur, mais surtout une immense douleur face à ce qui arrive à tous les Vénézuéliens. Nous pensons à chaque famille qui a perdu un proche, qui a tout perdu ou qui se retrouve aujourd'hui dans une situation de grande vulnérabilité.»

Certaines familles ont perdu leur logement. D'autres ne peuvent toujours pas regagner le leur, devenu trop dangereux en raison des dégâts structurels. Elles vivent désormais dans des camps temporaires, en attendant le feu vert des autorités.

«Quand on se rend dans les camps, les familles dorment encore sous des tentes. Les pluies ont commencé et elles sont complètement exposées. Notre priorité est de leur offrir un hébergement sûr.»

L'eau et les abris restent les priorités

Les opérations de recherche compliquent encore le retour à la normale. Dans la région de La Guaira, certaines conduites d'eau restent volontairement fermées afin de permettre aux équipes de secours de poursuivre leurs recherches.

«L'accès à l'eau est un véritable défi. Il faut garantir l'approvisionnement des populations sinistrées tout en poursuivant les opérations de recherche pour les personnes qui pourraient encore se trouver sous les décombres», explique Joana Mora.

À Caracas, l'électricité et Internet fonctionnent à nouveau en grande partie. En revanche, de nombreuses familles ont perdu leurs téléphones ou leur matériel informatique sous les décombres et restent sans moyen de communiquer avec leurs proches.

La Suisse appelle à la solidarité

Face à l'ampleur des besoins, l'association romande Solidar a lancé un appel aux dons afin de financer l'aide d'urgence.

«Les personnes qui ont survécu à cette catastrophe se retrouvent sans rien. Certaines sont blessées, d'autres ont perdu leur logement. Notre priorité est de répondre à leurs besoins fondamentaux, notamment en distribuant de l'eau potable, des soins médicaux et du matériel de première nécessité», explique Sylvie Arnanda, responsable de la communication de Solidar Suisse.

Pour Joana Mora, cette solidarité internationale est indispensable. «Nous sommes très reconnaissants du soutien reçu, mais il reste insuffisant face à l'ampleur de la catastrophe. Les organisations locales sont prêtes à participer à la reconstruction. Nous avons les capacités de reconstruire notre pays, mais nous avons besoin du soutien de la communauté internationale.»

La Chaîne du Bonheur organise ce jeudi une journée nationale de solidarité. Les promesses de dons sont recueillies dans quatre centrales téléphoniques en Suisse, dont celle de Genève. Les fonds permettront de financer l'aide d'urgence avant d'accompagner la reconstruction des régions sinistrées.