Genève

Vers une dérogation au salaire minimum pour les jobs d’été étudiants

16.09.2025 18h02 Denis PALMA

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Les jobs d’été des étudiants pourraient bientôt être rémunérés en dessous du salaire minimum. La majorité de droite de la commission de l’économie du Grand Conseil a validé une exception fixant leur salaire à 75% du plancher actuel. La mesure doit encore être votée en plénière. Gauche et syndicats annoncent déjà un référendum.

Concrètement, les étudiants de moins de 25 ans en cours de formation pourraient être payés à 75% du salaire minimum, pour une durée maximale de deux mois, sans obligation de passer par une convention collective de travail. Le projet de loi, porté par le PLR et amendé par la conseillère d’État Delphine Bachmann, a été accepté en commission par tous les partis, à l’exception du PS et des Verts.

Faire un geste pour rendre ces emplois acceptables pour les entreprises 

Le PLR justifie cette dérogation par la baisse du nombre de jobs d’été depuis l’instauration du salaire minimum en 2020. «Ce qu’il fallait, c’était faire un geste pour que ces emplois restent acceptables financièrement pour les entreprises. Aujourd’hui, si une société doit choisir entre un étudiant payé au salaire minimum et une personne déjà expérimentée, elle renonce au job d’été», argumente Jacques Béné, député PLR.

Les conditions de vie des jeunes attaquées 

Des arguments rejetés par la gauche et les syndicats qui agitent déjà le lancement d'un référendum. Ils dénoncent une attaque contre les conditions de vie des jeunes. «Beaucoup d’étudiants verront leur revenu amputé de 25% durant l’été, alors que c’est la période où ils travaillent le plus pour financer leur année», réagit le député socialiste Romain de Sainte Marie. «Aucune étude sérieuse ne prouve une baisse du nombre de jobs d’été à Genève. Ce projet ouvre surtout la porte à la sous-enchère généralisée», renchérit Davide de Filippo, président de la CGAS.

Le Grand Conseil se prononcera fin octobre. Pour rappel, mineurs, apprentis, bénévoles et stagiaires échappent déjà au salaire minimum. La Ville de Genève, souvent citée en exemple, emploie chaque été 150 jeunes de 15 à 22 ans durant trois semaines, rémunérés 23 francs de l’heure.