Vincent Subilia veut «une action très ferme» des autorités face à la mendicité
Le député PLR annonce à Léman Bleu déposer une motion au Grand Conseil pour pousser le Conseil d’État à agir face à la hausse de la mendicité à Genève. Son texte cible surtout l’occupation du domaine public. Il réclame une réponse coordonnée des autorités, mêlant prévention et répression.
La pression politique s’accentue autour de la mendicité à Genève. «Il n’y a pas de fatalité en matière d’insalubrité», affirme Vincent Subilia. Son texte réclame «une action très ferme des pouvoirs publics».
Pour l’élu, le problème dépasse le simple fait de tendre la main: «L’explosion de la mendicité, mais surtout l’usage accru qui est fait ici du domaine public, suscitent des questionnements et appellent effectivement à une mobilisation.»
Le député PLR demandera l’urgence pour sa motion au Grand Conseil. Une urgence qui est, selon Vincent Subilia, «à la hauteur des attentes légitimes de la population».
«Sortir de ce débat stérile»
Alors que Le Centre et l’UDC ont également déposé des textes sur le sujet, Vincent Subilia assure que sa motion se distingue par son approche centrée sur l’espace public. «Je crois qu’il faut sortir de ce débat stérile qui vise à opposer la solidarité et l’ordre public», insiste-t-il.
Le député PLR défend une ligne «équilibrée». Une société digne de ce nom se doit de protéger les plus vulnérables, estime-t-il, tout en ajoutant qu’«il y a des limites de proportionnalité».
Le directeur de la Chambre des Commerces et des Industries de Genève met également en avant la situation des commerçants. «Comment peut-on justifier qu’on exige aujourd’hui d’un commerçant qu’il dépose une autorisation et paie des montants de façon à pouvoir utiliser l’espace public, alors que l’on tolère […] que ce même espace public soit utilisé systématiquement par des mendiants?» questionne-t-il.
«Genève est un Eldorado aujourd’hui pour la mendicité»
Les décisions de justice limitent toutefois la marge de manœuvre des autorités en matière de mendicité. Vincent Subilia dit en avoir conscience. Mais pour lui, «l’inaction n’est pas une option». Il estime qu’«une action coordonnée» reste possible à condition d’une volonté politique existante. Il fait notamment écho aux critiques formulées par la conseillère administrative Marie Barbey-Chappuis quant au manque d’action cantonale. «Nous attendons de celui-ci qu’il fasse le travail», lance Vincent Subilia.
Face à la gauche, qui privilégie une réponse sociale, le député PLR assume également le recours à la contrainte. «La prévention va de pair avec la répression», dit-il, estimant que Genève dispose déjà de structures sociales importantes pour accueillir les personnes dans le besoin.
Selon lui, l’absence de mesures suffisamment dissuasives crée «un appel d’air évident». Vincent Subilia va jusqu’à affirmer que «Genève est un Eldorado aujourd’hui pour la mendicité et cela doit absolument cesser».
La mauvaise attractivité
Le député se montre en revanche prudent sur l’existence de réseaux organisés. «Ce que je constate simplement, c’est qu’il y a une attractivité de Genève pour les mauvaises raisons», répond-il. Il rappelle que le fait de tendre la main ne peut pas être interdit, mais estime que l’utilisation du domaine public doit rester proportionnée et ne pas entraver les autres usages.
Vincent Subilia assume enfin le caractère dissuasif de sa démarche, même si les amendes infligées aux personnes qui mendient risquent de rester impayées. «La peur du gendarme fait fonctionner», affirme-t-il.