Genève

Violences à Annemasse: «La répression ne résoudra rien»

13.10.2026 19h17 Rédaction

jotterand

Face aux récentes fusillades à Annemasse et aux inquiétudes des habitants de Thônex, le chef du groupe socialiste au Grand Conseil, Mathieu Jotterand, refuse de miser sur un renforcement de la répression. Il pointe les inégalités sociales et le manque de perspectives pour la jeunesse.

Les règlements de comptes liés au trafic de drogue à Annemasse inquiètent de plus en plus, y compris à Genève. Une crainte que Mathieu Jotterand dit comprendre. «Ce sentiment d'insécurité, je le vis moi-même», explique le député socialiste, qui se rend quotidiennement dans la commune française pour des raisons professionnelles.

Mais contrairement à une partie de la droite, le chef de groupe socialiste au Grand Conseil ne croit pas à une réponse essentiellement sécuritaire. Lundi soir, le député PLR Jean-Pierre Pasquier avançait l’idée d’armer certaines polices municipales pour endiguer le fléau. «Aller dans l'escalade du nombre de policiers ou policières, dans l'escalade de leur armement, dans l'escalade répressive, ça ne résoudra rien», estime Mathieu Jotterand.

«La jeunesse n’a pas d’avenir aujourd’hui»

Pour le député socialiste, les interventions face à des individus armés doivent rester du ressort de la police cantonale. «Ce n'est pas une police municipale armée dont on a besoin», insiste-t-il, plaidant plutôt pour un accompagnement social et de meilleures perspectives pour les jeunes.

Pour le député, la violence trouve ses racines dans les difficultés économiques. «Pourquoi est-ce qu'on en arrive là? C'est parce que la jeunesse n'a pas d'avenir aujourd'hui», affirme-t-il. Il évoque notamment l'attrait de l'argent facile du trafic de drogue face à des emplois précaires et mal rémunérés.

Interrogé sur la responsabilité de Genève dans l'existence d'un marché lucratif de stupéfiants, Mathieu Jotterand élargit le débat. Il dénonce la concentration des richesses dans le canton, notamment à travers les activités bancaires et le négoce de matières premières. «C'est la crise du néolibéralisme qu'on a devant nous ici», conclut le socialiste. Une lecture politique qui tranche avec les appels au renforcement des moyens policiers face aux violences qui secouent la région frontalière.