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27 novembre 2020 - 16h06

A Nyon, les moins de 18 ans sont appelés à voter

A Nyon, les jeunes de 16 à 18 ans ont pu voter pour les votations de ce weekend. Une première dans le canton, mais les voies comptent pour beurre, le vote est consultatif. Il a pour but d’intéresser les futurs électeurs à la vie politique suisse.

Justina Stoian n’est pas encore majeure, pourtant, entre ses mains, elle détient un bulletin de vote à son nom pour les votations de ce dimanche. Car c’est une première à Nyon, et dans tout le canton d’ailleurs. Les jeunes du district âgés entre 16 et 18 ans sont appelés à voter pour les deux objets fédéraux de ce weekend. «Souvent, nous les jeunes, on se plaint de ne pas être entendus. Là on vient nous demander notre avis, on nous incite même à le donner, c’était donc pour moi important de participer», explique la jeune femme de 17 ans.  

Un vote purement consultatif

Ce projet pilote est mis en place par la ville de Nyon et le Conseil des jeunes du district. Mais les voies des moins de 18 ans sont purement consultatives, elles ne seront pas prises en compte. «Le but, c’est avant tout d’intéresser les plus jeunes à la politique pour que, une fois atteint l’âge de la maturité, ils aillent plus facilement voter», explique Luca Desogus, vice-président du conseil des jeunes du district de Nyon. 

Inciter les jeunes à voter mais pas seulement

Au-delà de motiver les jeunes à s’intéresser à la politique, le projet a pour but de se rendre compte si oui ou non les moins de 18 ans sont prêts à voter. «Le taux de participation répondra en partie à cette question», précise Giulia Alledi, présidente du conseil des jeunes.

Giulia elle-même n’a d’ailleurs pas la réponse à cette question. Avec ce type de projet, elle espère pouvoir se faire une idée plus claire autour du débat du vote des mineurs. «Moi-même, à l’âge de 16 ans, je ne pense pas que j’aurais voté, maintenant, en revanche, évidemment que je vote.»

En Europe, l’Autriche et Malte accordent le droit de vote aux 16-18 ans. En Suisse, une initiative en ce sens est en discussion du côté de Berne.

Lea Job 

Une initiative qui relance le débat à Genève. Le député socialiste Romain de Sainte Marie milite pour que les jeunes puissent voter deux ans avant leur majorité civile. Une idée qui ne plaît pas vraiment au conseiller municipal MCG, Daniel Sormanni. 

«On vous écoute mais pas trop»

Pour Romain de Sainte Marie, cette initiative nyonnaise, qui a permis aux jeunes entre 16 et 18ans de déposer un bulletin, blanc, dans l’urne, c’est le signe que les choses vont dans la bonne direction. Il rappelle que ces dernières années, les jeunes ont largement manifesté leur désir de participer plus activement en politique, notamment lors des marches pour le climat. 

Une bonne initiative, donc, pour le député socialiste, mais qui ne va pas assez loin. «Le problème du vote blanc, c’est qu’on dit aux jeunes qu’on les écoute, mais pas trop.» Il estime que c’est aux alentours de 16 ans que les jeunes développent leurs idéaux et que les décisions prises aujourd’hui concernent le monde de la génération de demain qui a le droit de participer à sa création. Actif dans la commission des droits politiques du Grand Conseil, Romain de Sainte Marie travaille aujourd’hui sur un projet pilote dans plusieurs écoles genevoises pour mesurer l’intérêts des jeunes à participer civiquement.

Laisser le temps de la formation

Donner son avis dans les urnes avant 18 ans, pour Daniel Sormanni, c’est non. S’il se dit favorable à la sensibilisation des jeunes aux enjeux démocratiques, il estime toutefois qu’il ne fait pas sens de franchir le pas en leur donnant le droit de vote avant leur majorité civile. «Quand j’étais jeune, on votait à 20 ans. Si c’est une bonne chose d’avoir abaissé la limite à 18ans, c’est aller trop vite en besogne que de la descendre encore.» Pour le conseiller municipal MCG, il est essentiel de laisser aux jeunes le temps de la formation, tout en mettant un accent plus prononcé sur les cours d’éducation civique à l’école.

Lorsqu’on lui rappelle que beaucoup de mineurs souhaitent s’engager en politique, notamment sur les questions climatiques, Daniel Sormanni  n’est que moyennement convaincu. «Certains sont intéressés par la politique mais pas tous. Mes propres enfants ne s’y intéressaient même pas encore à 18 ans alors qu’ils avaient des parents en politique.» Le conseiller municipal est toutefois enthousiasmé par les initiatives comme celle mise en place sur le canton de Vaud et rappelle qu’il reste d’autres moyens de s’exprimer pour les jeunes de moins de 18 ans. «Oui à l’éducation, oui à l’initiation et aux expériences mais il n’est pas nécessaire d’avoir une majorité civique à 16 ans.»

 

Léa Frischknecht

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