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Alain Berset accablé par de nouvelles révélations

20.09.2021 18h02 Rédaction

Alain Berset

Le conseiller fédéral Alain Berset aurait fait usage de ressources étatiques démesurées pour enterrer une affaire privée. Sur fond de relation extra conjuguale, l’affaire prend des proportions différente à la lumière des révélations de la Weltwoche. Se pose la question de l’usage abusif des moyens de l’Etat. 

En 2020, Alain Berset fait la Une des journaux, il est question d’un bras de fer face à une femme qui le fait chanter. Une relation extra conjugale remontant à 2012-2013, qui menace aujourd’hui de divulguer des détails de leurs intimité si la somme de 100 000 chf ne lui est pas versée. 

Cette affaire donne lieu à une condamnation judiciaire l’année dernière. 150j amende avec sursis pour cette femme, baptisée Scarlett par le journal proche de l’UDC Die Weltwoche. Mais les dessous de l’affaire, révélés par l’auteur de l’article et ancien conseiller national UDC Christoph Mörgeli, montrent une histoire toute autre. 

LA RELATION : 2012-2013… 2017?

D’abord, la relation intime se serait en fait étalée sur des années, de façon épistolaires. Un rapport de Fedpol ferait état d’échanges, majoritairement initiés par le conseiller fédéral, jusqu’en 2017.

LE CHANTAGE : 2019

En 2019 lorsque la maîtresse se fait maître chanteur, Alain Berset aurait impliqué son chef de cabinet, pour faire l’intermédiaire et tenter de calmer l’affaire. 

Elle lui reproche des faits grave datant de leur idylle passée et exige qu’il lui rembourse une dette à hauteur de 100 000 chf. Difficile à l’époque de trouver un accord avec Scarlett. Elle menace de dévoiler leur histoire au grand jour si la somme ne lui est pas versée.

Le conseiller fédéral aurait alors demandé un diagnostic psychiatrique. Un certain Fritz Ramseier aurait alors donné un avis sans examens physiques et sans recueillir d’autres constatations que les déclarations d’Alain Berset. « Accès de schizophrénie », « trouble narcissique ». Avec ce bilan, les faits présentés par Scarlett pouvaient être aisément balayés. 

Mi-Décembre 2019, après la réélection d’Alain Berset et suite à une plainte de sa part ; des officiers de la police fédérale, membre de la task force Tigris, pénètrent chez la jeune femme. Plusieurs objets et documents sont perquisitionnés. Une garde à vue s’en suit, puis elle fait preuve de repentance et sera libérée rapidement. 

LA CONDAMNATION : SEPTEMBRE 2020

14 septembre 2020, le Ministère Public de la Confédération condamne Scarlett via une discrète ordonnance pénale. Elle écope d’une amende pour tentative d’extorsion et doit payer d’importants frais de procédure et d’avocat. Elle s’excuse auprès du couple Berset et retire ses accusations. 

L’ENQUÊTE : NOVEMBRE 2020

Quelques mois plus tard cependant, l’Autorité de Surveillance du Ministère public de la confédération décide d’ouvrir une enquête, afin dit-elle, de clarifier la conduite du ministère public dans cette affaire. 

Depuis plus de bruit, jusqu’à cet article de la Weltwoche mercredi passé. 

LES RÉVÉLATIONS : SEPTEMBRE 2021

Depuis, les médias outre Sarine s’emparent du dossier. L’usage d’une limousine de fonction pour revenir d’Allemagne après un week-end privé pose aussi question. Mais le département fédéral de l’intérieur est formel, cela n'est pas interdit. 

L’affaire soulève désormais plusieurs questions d’après le conseiller national Yves Nidegger: "Est-ce que cela vient de la paresse de la commission ou est-ce qu'on lui a caché certains éléments? En tout cas, elle n'a pas ou pas pu travailler jusqu'au bout". Au parlement, les différents partis s’accorde sur le fait qu’il faut une enquête plus sérieuse. Un procureur exceptionnel a été nommé pour investiguer à nouveau sur cette affaire.

Quelles suites donnera Alain Berset à cette polémique? Vendredi dernier, un journaliste de la RTS tentait une question sur ce sujet pendant la conférence de presse sanitaire. "Vraiment rien à ajouter" a balayé le conseiller fédéral. Le dossier n’est pour autant pas refermé. 

 

Julie Zaugg

Réaction de Philippe Reichen: «Il faut distinguer les faits de la politique»

Philippe Reichen, journaliste correspondant en Romandie du quotidien zürichois Tagesanzeiger, analyse en direct le traitement différencié de l'affaire par les médias romands.

Selon lui, il est avant tout primordial de «distinguer les faits de la politique». Le journaliste ne remet pas en doute la crédibilité de ce qui a été révélé dans la presse mais estime q'une «ligne rouge a été dépassée» dans l'éthique de l'article de la Weltwoche.

Par ailleurs, le journaliste du Tages-Anzeiger se dit «étonné» de voir le temps qu'a pris la presse romande pour réagir. Du côté alémanique, on semble avoir «tout de suite tranché ce qui appartient à la vie privé et à la sphère publique» pour travailler.