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22 avril 2021 - 19h50

Dominique Giroud implore la mansuétude du tribunal

julie julie

L'encaveur Dominique Giroud a affirmé jeudi n'avoir jamais donné l'ordre de pirater les ordinateurs de deux journalistes au Temps et à la RTS, en 2014. « Je ne sais pas ce que je dirai à mes cinq enfants si je suis condamné », a-t-il ajouté à la fin de son procès devant le Tribunal de police de Genève.

« Je veux retourner chez moi, sur mes terres, et travailler, car c'est la seule chose que je sais faire », a ajouté le vigneron valaisan. Très ému, il a rappelé que sa femme était morte à cause du stress provoqué par cette affaire. L'encaveur est jugé depuis lundi pour instigation à soustraction de données.

Dans la matinée, Yannis Sakkas, l'avocat de Dominique Giroud, a demandé à la présidente du Tribunal de police Sabina Mascotto d'acquitter son client. Il a souligné que le dossier ne contenait aucune preuve que le vigneron avait donné son accord pour une opération de hacking.

Sous le feu médiatique

M. Sakkas a admis, durant sa plaidoirie, que Dominique Giroud a pu être tenté par ce projet de piratage, l'expliquant par la détresse psychologique dans laquelle se trouvait le vigneron fin 2013 et début 2014. Il devait affronter « une tempête médiatique » après la divulgation de ses problèmes avec l'administration fiscale.

Mon client a ensuite été accusé de falsifier son vin, a poursuivi M. Sakkas. Selon l'avocat, Dominique Giroud, à l'époque, pouvait légitimement penser que l'on voulait le détruire, que « l’on voulait sa peau », que les attaques dont il était l'objet avaient une origine politique.

C'est dans ce contexte que le vigneron rencontre les trois autres prévenus dans cette affaire. Un ami d'enfance de l'encaveur, agent du Service de renseignements de la Confédération (SRC), veut l'aider et le met en contact avec un informaticien spécialisé dans le "hacking éthique". Il lui présente aussi un détective privé.

Des personnes « hautes en couleur »

Ces personnes hautes en couleur, selon les mots de M. Sakkas, disaient être amies. Pourtant, certaines « se moquaient totalement » de Dominique Giroud, a ajouté l'avocat. Ce dernier s'est notamment arrêté plus longuement, lors de sa plaidoirie, sur le détective privé et son rôle trouble dans ce dossier.

L'homme récoltait des informations du côté de Dominique Giroud et les transmettait au journaliste de la RTS qui a été la cible de la tentative de hacking. Pour M. Sakkas, ces faits amènent à se poser des questions sur les auteurs du piratage et rendent plausible l'hypothèse d'une machination, d'un traquenard visant le vigneron.

A la fin de la plaidoirie de son avocat, Dominique Giroud a éclaté en sanglots. Mercredi, le premier procureur genevois Stéphane Grodecki avait requis à l'encontre de l'encaveur valaisan dix mois de prison, dont 6 mois ferme. Une peine que M. Sakkas a trouvé disproportionnée en regard de la jurisprudence.

Le Tribunal de police rendra son jugement vendredi, à 16h30.

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