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Place aux plaidoiries de la défense au procès Maudet

13.10.2021 19h32 Rédaction

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Troisième jour du procès en appel de l'affaire Maudet ou il a été question des plaidoiries de la défense.

Me Hayat, l’un des trois avocats de Pierre Maudet, a d’abord exhorté le tribunal à reprendre la main, à juger. Elle dit: «Ce droit de juger à été usurpé par d’autres instances, politiques, médiatiques.»

Et de convoquer un nouveau personnage dans la fresque de ce procès, notre confrère de la RTS Raphaël Leroy, assis juste derrière elle. Il est l’un des enquêteurs dont le travail fouillé est à l’origine de l’éclatement public de l’affaire dite Maudet.

Presse tendancieuse

Un journaliste, dit Me Hayat, dont le travail a été qualifié de tendancieux par l’autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision. Et de brandir une décision de cette autorité qui condamne un reportage de ce journaliste. Le reportage en question décrivait les visites nocturnes de Pierre Maudet dans les locaux de son département dont il n’avait plus la charge, alors que le Conseil d’Etat l’avait dépouillé de tout ses dossiers.

Bref, elle a demandé aux juges d’aborder cette affaire avec un regard inaugural, alors qu’il a été depuis trois ans irrigué, abreuvé, d’informations tendancieuses écrites et dites au sujet de Pierre Maudet.

Cette prise à partie répondait surtout à l’objectif d’expliquer ce mensonge originel. «Certes, Monsieur Maudet a participé à sa disgrâce, avec ce mensonge, mais ce mensonge était celui d’un homme pressé, méfiant vis à vis d’une presse inquisitrice.»

Des amis vrais

Elle a enfin regretté la lecture exagérée de l’affaire faite par le tribunal de première instance. Elle consiste selon elle à confondre un renseignement avec une faveur, un ami avec un complice, un voyage avec un complot et l’adjectif reconnaissant avec l’adjectif redevable.

Monsieur Daher, l’un des organisateurs du week-end à Abu Dhabi n’avait pas besoin de ce voyage pour accéder plus facilement au ministre dont il était déjà l’ami depuis plusieurs années. Des amis vrais, purs, sincères. Voici aussi ce qu’a plaidé Me Bitton, avocat d’Antoine Daher.

Épilogue à Lausanne ?

Le jugement tombera dans plusieurs semaines. Il est fort à parier, quelle que soit la décision, que le sort final de ce dossier sera décidé à Lausanne, devant les juges du Tribunal fédéral.