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15 janvier 2021 - 19h59

Pour Hafid Ouardiri, il ne faut pas associer la burqa à l’islam

Alors que, dix ans après, beaucoup de pays du printemps arabe peinent à atteindre la démocratie, les Suisses voteront le 7 mars au sujet de la burqa. Pour Hafid Ouardiri, directeur de la fondation pour l’entre-connaissance, il est regrettable que les citoyens doivent s’exprimer sur «un problème qui n’existe presque pas». Selon lui, le port du voile intégral ne concerne qu’une minorité de personnes. «Moi-même, en tant que musulman, cette pratique me gêne énormément. Ce qui se passe dans des régimes totalitaires cause du tort là-bas et ici.» L’ancien directeur de la Mosquée de Genève voit, dans cette votation, un moyen de cibler l’islam. «Le port de la burqa n’a rien à voir avec l’islam et voter sur cette question c’est, encore une fois, indexer directement et indirectement les musulmans.»

Hafid Ouardiri se dit fervent défenseur de la démocratie directe en Suisse mais regrette les taux de participation dans les urnes parfois très faibles. Pour un sujet aussi sensible que la burqa, Hafid Ouardiri recommande de «prendre le temps d’informer la population. Si les Suisses peuvent choisir la voie que prend ce pays, il faut savoir ce que ça implique.» Pour lui, les Suisses sous-estiment parfois leur pouvoir de décision qui est encore cruellement absent dans beaucoup de nations du monde. 

 

Léa Frischknecht

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