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03 mai 2021 - 20h01

Mutinerie à Champ-Dollon: le directeur réagit

La semaine dernière, nous révélions que 24 détenus de Champ-Dollon refusaient de rentrer dans leur cellule après une promenade. Tous avaient des revendications axées sur leur quotidien en prison et la brigade de sécurité publique avait dû intervenir pour mettre fin à la mutinerie. Ces 24 détenus ont été placés au cachot durant 10 jours mais l’avocat d’un des prisonniers, Me Nicola Meier, juge la sanction disproportionnée. 

Martin Von Muralt, directeur de la prison de Champ-Dollon rappelle quant à lui que «ce qui s’est passé n’est pas anodin». Il souligne que la punition s’est basée non pas sur la nature des revendications des détenus mais sur les moyens, qui peuvent être très lourd de conséquences. «On est face à une intervention de police avec des réactions imprévisibles de nos pensionnaires. Il a donc fallu prendre toutes les mesures avec, notamment, l’appui des pompiers et des services de secours des HUG.» Martin Von Muralt souligne que les changements au sein de la prison entraînent souvent des revendications, comme cela avait été le cas au début de la pandémie, il y a un an. C’est maintenant une réorganisation de la prison qui semble fâcher les 600 détenus. 

Réforme «Ambition»

En effet, une réforme, nommée «Ambition» est actuellement en cours à la prison de Champ-Dollon. Une réforme «stratégique et historique», qui vise à un meilleur suivi des collaborateurs ainsi que des détenus. «Nous voulons également garantir l’ouverture des ateliers qui sont en souffrance depuis deux ans.» Le directeur de la prison souligne que Champ-Dollon va devoir exister et fonctionner pendant environ dix ans. «La réorganisation doit aussi permettre de dégager les ressources nécessaires pour anticiper les besoins et conduire des projets d’envergure.»

Une réforme qui ne semble pas emballer les gardiens de la prison. Selon un sondage, 80% des effectifs étaient contre. Martin Von Muralt souligne qu’il s’agit de 80% des participants au sondage, soit une quarantaine de gardiens sur plus de 300 employés. «Aujourd’hui, je peux dire qu’il y a des collaborateurs très enthousiastes, des collaborateurs réticents et d’autres qui attendent pour voir. J’aimerais les remercier grandement et j’espère que ça s’améliorera de jours en jours», affirme le directeur qui se dit très préoccupé par les droits humains. 

 

 

Léa Frischknecht

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