Netia Jones: «J'ai pensé à ces recherches qui créent les tempêtes»
Au BFM, le Grand Théâtre présente «La Tempête». Nous avons assisté aux répétitions.
Un duc trahi, exilé sur une île magique, provoque le naufrage de ceux qui l'ont détrôné pour mieux, à la fin, leur pardonner. Telle est l'histoire de «La Tempête»,, le premier opéra de la nouvelle saison du Grand Théâtre. Le jour de notre tournage, c'est la répétition piano, juste avant que l'orchestre arrive, tous les éléments de mise en scène s'imbriquent.
«J'ai beaucoup réfléchi au bâtiment des forces motrices, cette île, mais aussi les recherches, les découvertes, les sciences, tout ce qui est côté technologie et l'électricité. Alors j'ai pensé à ces recherches qui créent les tempêtes», explique Netia Jones, metteuse en scène.
C'est dans cet ancien site industriel transformé en salle de spectacle que l'œuvre prend vie. Une plongée météorologique dans un univers. où l'on questionne la place de la science et de la technologie, Netia Jones fait de la vidéo et des projections un ressort narratif à part entière: «Il y a une belle citation, je ne connais pas par cœur, mais qui dit à peu près toute technologie paraît comme de la magie, c'est quelque chose de magique parce qu'au début on ne le comprend pas et je pense que ça a quelque chose à voir. Ces jours-là, aujourd'hui, nous découvrons des technologies qui donnent l'impression d'être magiques. Mais alors ça, c'est un peu l'histoire de La Tempête aussi.»
«La Tempête»,, c'est d'abord une pièce de Shakespeare. C'est aussi depuis 1956 un opéra. Franck Martin en tire une adaptation lyrique créée à Vienne, en allemand, sous le titre Der Sturm, 11 ans plus tard, en 1960. 1967, c'est à Genève que naît sa version française, au Grand Théâtre, sous la direction d'Ernest Ansermet. L'œuvre aujourd'hui dirigée par le chef Thierry Fischer est à l'image de son sujet, tour à tour, éclaircie et tempête, dont la complexité n'aura permis que six productions depuis sa création: «Nous avons beaucoup travaillé parce que c'est très difficile, la partition est très très difficile. Et ça donne l'impression d'être facile, mais ce n'est pas du tout.»
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