Genève

Baisse de l’impôt sur la fortune: Nathalie Fontanet dénonce «une provocation»

09.09.2026 18h30 Rédaction

fontanet

La conseillère d’État chargée des finances s’oppose au projet de baisse de 20% de l’impôt sur la fortune soutenu par une majorité de la commission fiscale.

La baisse de l’impôt sur la fortune votée en commission fiscale ne convainc pas Nathalie Fontanet. À quelques jours de la présentation du budget 2027, la Grande Argentière est d’avis que le canton ne peut se permettre une telle mesure. Elle estime que cette perte de recettes de 150 millions de francs serait très difficile à absorber.

Le timing est au cœur de ses critiques. Le Conseil d’État doit présenter le 17 septembre son projet de budget 2027 ainsi que son plan financier quadriennal. Deux documents qui seront «fortement déficitaires», précise Nathalie Fontanet,

«Cela va durcir les fronts politiques»

La magistrate trahie par son propre parti ? Nathalie Fontanet rappelle que le texte a obtenu l’appui d’une majorité de la commission fiscale, et pas uniquement du PLR.

Pour Nathalie Fontanet, la priorité reste l’adoption d’un budget en 2027, après une année 2026 sans budget voté : «Nous avons des politiques publiques que nous devons financer, des citoyennes et citoyens que nous devons continuer à soutenir, des dépenses importantes en matière de santé, en matière sociale aussi.»

Dans ce contexte, une nouvelle baisse de recettes risque selon elle de compliquer encore davantage les discussions. «Avec une telle baisse d’impôt votée maintenant, cela va évidemment durcir les fronts politiques, ce que je regrette.»

Des économies et une baisse d’impôt «incompréhensibles»

Nathalie Fontanet insiste également sur le message envoyé à la population. Le Conseil d’État s’apprête à proposer des mesures d’économies alors que les charges cantonales continuent de progresser fortement. «Proposer simultanément à la population, au Grand Conseil, des économies et une baisse d’impôts, c’est un petit peu incompréhensible», juge la magistrate.

La conseillère d’État reconnaît que l’impôt sur la fortune genevois est élevé en comparaison intercantonale. Mais elle considère qu’une baisse n’est actuellement pas compatible avec «l’équilibre financier» et la «santé budgétaire» du canton.

Elle va même plus loin sur la perception politique de la mesure: «Venir parallèlement avec une baisse d’impôts, cela donne un peu l’impression d’être une provocation et je ne suis pas sûre que cela soit bien accueilli.»

Selon les calculs de son département, la baisse de 20% de l’impôt sur la fortune représenterait environ 150 millions de francs de recettes en moins. Nathalie Fontanet souligne toutefois que le processus politique est encore loin d’être terminé. Le texte doit encore passer devant le Grand Conseil et pourrait ensuite faire l’objet d’un référendum.