Genève

La droite veut réduire de 20% l’impôt sur la fortune

09.09.2026 18h29 Denis PALMA

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La majorité de droite de la commission fiscale du Grand Conseil veut réduire de 20% l’impôt sur la fortune. Une mesure qui pourrait coûter jusqu’à 150 millions de francs par an au canton. Ses partisans veulent renforcer l’attractivité fiscale de Genève. À gauche, on dénonce un cadeau aux plus fortunés.

Une baisse de 20% de l’impôt sur la fortune: jusqu’à 150 millions de francs par an en moins dans les caisses de l’État. La majorité de droite de la commission fiscale, rejointe par LJS et surtout le MCG, a validé le projet. Un texte qui ne date pas d’hier: déposé en 2017 par l’ancien député MCG Ronald Zacharias, il prévoyait à l’origine une réduction beaucoup plus importante, de 50%. C'est un amendement général déposé par son collègue Thierry Cerutti qui ramène la proposition à 20% et qui a été voté ce mardi.

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À gauche, le référendum est déjà évoqué. Pour les opposants, les finances cantonales sont trop tendues pour se permettre une telle baisse. «La semaine prochaine, le Conseil d'État va expliquer à la population à quelle sauce elle va être mangée, où on va couper. Et ça va faire mal», estime Julien Nicolet-dit-Félix, député des Verts.

Le député conteste aussi l’argument d’un possible départ des grandes fortunes. «Entre 2017 et 2023, le nombre de personnes qui ont un patrimoine supérieur à 50 millions a augmenté de 42%. Genève attire les grandes fortunes malgré son taux d'imposition relativement élevé. Donc elle a des atouts, il faut qu'elle fasse valoir ses atouts. Il n'y a aucune raison de toucher à l'impôt sur la fortune.»

1,4% des contribuables paient près des trois quarts

En 2025, l’impôt sur la fortune a rapporté 994 millions de francs, selon les chiffres de l’administration fiscale, soit 11% des recettes fiscales. Mais l’essentiel repose sur une très petite minorité: 1,4% des contribuables, soit 4’767 personnes, en paient à eux seuls 74,2%, pour un total de 779 millions de francs.

À droite, l’argument est celui de l’attractivité. Genève reste l’un des cantons où les grandes fortunes sont les plus fortement imposées. Au PLR, on estime qu’une baisse d’impôt ne se traduirait pas nécessairement par une diminution équivalente des recettes.

«Lorsque l'on baisse un impôt, on n'a pas forcément une baisse des recettes fiscales, parce que l'argent ne disparaît pas. Celui qui a économisé l'argent, il l'utilise, il le réinvestit», défend le député PLR Yvan Zweifel. Selon lui, ces investissements peuvent créer des emplois, de nouvelles entreprises et, à terme, de nouvelles recettes fiscales. «Entre 1998 et 2025, on a 164% d'augmentation des recettes fiscales alors qu'on n'a fait que baisser les impôts.»

Une nouvelle baisse après celle de 2025

Le projet doit encore passer la rampe du Grand Conseil. Et le calendrier est sensible: la semaine prochaine, la conseillère d’État chargée des Finances, Nathalie Fontanet, doit détailler les mesures d’économies retenues sur la base du rapport Zuin.

Cette réduction s’ajouterait par ailleurs à une baisse récente. Votée par le peuple en 2023, une diminution de 15% de l’impôt sur la fortune est entrée en vigueur en 2025. Elle visait notamment à compenser la hausse de la valeur fiscale de certains biens immobiliers.

Interrogée par Léman Bleu, Nathalie Fontanet pointe le risque d’un message contradictoire envoyé à la population, au moment où le Conseil d’État s’apprête à demander des efforts. «Proposer simultanément à la population, au Grand Conseil, des économies et une baisse d’impôts, c’est un petit peu incompréhensible», juge la magistrate.