Budget 2027: Caroline Marti et Murat Julian Alder débattent
Hausse des charges, baisses de certaines prestations, transfert aux communes: que pensent les parlementaires du budget présenté? Deux élus croisent le fer sur le plateau.
Le projet de budget de l'État de Genève 2027 prévoit un déficit de 546,2 millions de francs. Dévoilé jeudi par le Conseil d'État in corpore, il comprend un plan d'économies de 247,7 millions. Inquiet de la dégradation financière du canton, le gouvernement en appelle à la responsabilité du Grand Conseil, malgré le mécontentement affiché à droite comme à gauche.
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Pour Caroline Marti, députée PS, la baisse d’impôts «a complètement asséché les caisses du canton, en tout cas au niveau des prévisions budgétaires et plonge ces prévisions dans le rouge.» L’élu ajoute que les bons résultats aux comptes ont permis de dégager un bénéfice – hors 2020-, «ce qui montre que la situation financière ne justifie absolument pas le programme d’austérité.»
Pour Murat Julian Alder, «l’heure est effectivement grave». Le chef de groupe PLR rappelle que les prochains budgets seront déficitaires à l’horizon 2030. «Nous assumons la baisse d’impôts, nuance-t-il. On a constaté que les revenus de l’État ont augmenté de 5% et qu’elle a bénéficié aux habitants.» Le problème vient selon lui des charges contraintes: «Genève dépense 44% de plus en matière d’aide sociale en comparaison intercantonale, 50% de plus en matière d’invalidité, 89% en plus pour le chômage. Le problème est structurel.»
«La droite n’est pas une coutellerie»
«C’est l’illustration que la population genevoise se précarise et se vulnérabilise avec des phénomènes comme le vieillissement de la population qui nous impose d’augmenter les dépenses sociales, répond Caroline Marti. Ce n’est pas en allant couper dans certaines prestations ou en faisant payer l’usager que l’on va soutenir les classes moyennes et populaires.»
Murat Julian Alder rétorque que la droite «n’est pas une coutellerie» et appelle à des réformes, «sans faire payer prétendument les personnes les plus précaires». Il pointe notamment les subsides d’assurance maladie, bien plus présents dans la population genevoise qu’ailleurs.
La participation des communes, sujet sensible pour la gauche
Au sein du paquet d'économies, les communes seront amenées à apporter la principale contribution. Le Conseil d'État veut les faire participer à la péréquation cantonale à hauteur de 134,1 millions, pour autant que le Grand Conseil accepte le projet de loi visant à enclencher ce mécanisme. Caroline Marti dénonce la proposition, «qui va remettre en question toute une série de prestations communales qui sont essentielles pour la population».
«Selon la définition constitutionnelle de l’État, cela comprend les cantons, mais aussi les communes, lance Murat Julian Alder. La gauche veut un cofinancement, mais reproche ensuite au canton de vouloir inviter les communes à participer à l’effort financier.»
Pour conclure cet échange, Caroline Marti appelle à réinternaliser les personnes qui travaillent sur mandat, dans l’informatique par exemple: «Il a été montré que cela coûterait moins cher, privatiser coûte plus cher.» Un point de vue que ne partage pas le député PLR: «Ça été le cas dans le convoyage des détenus et cela nous coûte plus cher que par le passé.» Les débats promettent donc d’être tendus au parlement.