Carole-Anne Kast tient tête aux critiques et regrette un procès de la police
La conseillère d'État Carole-Anne Kast défend la gestion policière de la manifestation, promet que les événements de la nuit «feront l'objet d'une analyse» et refuse de céder aux appels à la démission qui fleurissent dans son camp.
La conseillère d'État a suivi de près les événements de dimanche, pas au poste de commandement, mais dans les locaux de la police. Branchée sur Léman Bleu aux côtés de la commandante Monica Bonfanti, elle se montre «satisfaite» de voir que «les mesures mises en place ont porté leurs fruits». Carole-Anne Kast ajoute: «C’est toujours plus facile après-coup de dire "oh c’était démesuré", mais quand vous voyez le nombre de saisies d’objets dangereux […] je crois que notre dispositif sécuritaire était là tant pour assurer la sécurité des manifestants que celle de la population et des biens».
Voir aussi: Après la manifestation, Carole-Anne Kast dans le viseur de son propre camp
La magistrate socialiste refuse de condamner les choix opérés sur le terrain avant la fin du dispositif sécuritaire lié au sommet. «Ce que je concède, c'est que ça fera l'objet d'une analyse», affirme-t-elle, tout en rappelant que «les enjeux ne sont pas terminés» et que la police reste fortement mobilisée jusqu’à la fin de ce G7. «Ce n’est pas le moment de commencer à aller déconstruire les événements de dimanche à lundi», résume-t-elle.
«Pour certains manifestants, tout acte d’autorité et de contrainte de la police est un scandale» – Carole-Anne Kast
Concernant les centaines de personnes retenues plusieurs heures au parc Mon Repos, Carole-Anne Kast parle d'une mesure de «rétention» destinée à permettre l'identification des individus présents. Selon elle, l'objectif n'était pas de procéder à des arrestations massives mais de recueillir des éléments utiles aux enquêtes en cours.
«Je ne me sens pas lâchée par mon parti»
La contestation politique se fait entendre, y compris dans ses propres rangs socialistes où certaines voix demandent la démission de leur conseillère d’État. Carole-Anne Kast répond qu’un tel scénario n’est pas sur la table et justifie: «On appelle à la démission d'Olivier Jornot, de Monica Bonfanti et de moi. En fait, on appelle à la démission de la police. En fait, ce qu'on ne veut plus, c'est la police», lance-t-elle en ajoutant ne pas se sentir «lâchée» par son parti.
En 2003, Micheline Spoerri alors à la tête de la sécurité avait été lâchée par les siens, accusée de laxisme. Aujourd'hui, l'histoire se repète-t-elle à l'envers? «Non, je ne crois pas. Nous avons travaillé ensemble. un certain nombre d'actes ont été arbitrés collectivement», souligne la conseillère d'État tout en rappelant qu'elle n'a pas l'intention de se dédouaner de ses responsabilités.
La cheffe de la sécurité conclut en défendant son bilan à la tête du département. «Peut-être grâce à une magistrate de gauche, on a des numéros d'identification sur les policiers, on a une doctrine de la désescalade qui est bien mise en œuvre et on a finalement une action de la force légitime, certes, mais le plus proportionnée possible.»