Delphine Bachmann sur la clim: «La preuve du besoin n’a plus de sens aujourd’hui»
La conseillère d’État Delphine Bachmann souhaite assouplir les règles entourant l’installation de climatiseurs à Genève. Elle estime que la réglementation n’est plus adaptée face à la multiplication des épisodes de canicule.
La climatisation ne doit être «ni une fin en soi, ni un tabou», selon Delphine Bachmann. La magistrate en charge de l’économie et de l’énergie veut revoir le dispositif genevois afin de faciliter l’installation de systèmes de rafraîchissement non seulement dans les écoles et les établissements de santé, mais aussi dans les appartements et maisons. «On doit poser sur la table la question de la simplification du processus et on doit réfléchir à un autre système que cette preuve du besoin qui n’a plus de sens aujourd’hui», glisse-t-elle.
Pour rappel, à Genève, les climatiseurs fixes sont en principe interdits, sauf dérogation et certificat médical. Il faut alors fournir cette «preuve du besoin», c’est-à-dire démontrer sa vulnérabilité.
Lire aussi: La clim, ce Graal en période de canicule que Genève se refuse
La conseillère d’État souhaite supprimer la preuve du besoin, jugée dépassée. «Rien qu’avec les épisodes caniculaires que nous venons de vivre, ces critères sont atteints», estime-t-elle. Pour les installations de faible puissance, elle propose de remplacer la demande d’autorisation par une simple procédure d’annonce, comme cela se fait lors de l’installation d’une pompe à chaleur.
«Je vais proposer une forme de nouvelle doctrine du confort estival»
L’objectif serait de vérifier la puissance des appareils et leur conformité électrique, sans imposer une procédure administrative trop lourde. Delphine Bachmann espère présenter cette «nouvelle doctrine du confort estival» à la commission consultative sur les questions énergétiques. «Je pense qu'on doit être capable d'apporter à la population une réponse claire sur l'enjeu du confort estival et du rafraîchissement», déclare-t-elle. «À partir du moment où les gens se mettent d'accord, en général ça peut aller assez vite. Et puis ce sont des changements identifiés a priori comme étant plutôt réglementaires et d'adaptation en fait, qui ne nécessitent pas forcément de modifications législatives», ajoute-t-elle.
Des premières réponses concrètes pourraient être apportées d’ici la rentrée, avec une mise en œuvre possible dès l’été 2027, assure l’élue. La magistrate rappelle toutefois que la climatisation doit rester complémentaire à d’autres mesures, comme la rénovation énergétique des bâtiments ou le développement du réseau Génilac. Quant aux climatiseurs monoblocs sur roulettes, «ce n’est pas une solution d’avoir des tuyaux par les fenêtres», conclut-elle.