Genève

Le PS défend Sylvain Thévoz face à la CICAD

07.09.2026 19h20 Rédaction

mizrahi

Le PS genevois soutient Sylvain Thévoz, visé par une plainte civile de la CICAD pour atteinte à la personnalité. Le co-président socialiste Cyril Mizrahi dénonce une procédure qui met, selon lui, en jeu la liberté d’expression politique.

Le torchon brûle entre le Parti socialiste genevois et la CICAD. L’organisation de lutte contre l’antisémitisme et la diffamation a engagé une procédure contre le député Sylvain Thévoz pour plusieurs publications dans la presse et sur les réseaux sociaux. Une démarche que le coprésident du PS genevois Cyril Mizrahi interroge. Il relève que la CICAD n’a pas déposé de plainte pénale: «On voit bien que le seuil du pénal n’est pas atteint. Ce qui est reproché à Sylvain Thévoz, c’est la critique.»

Pour le coprésident socialiste, l’affaire dépasse le seul cas du député, car on ne peut pas prôner le dialogue d’un côté, et attaquer en justice de l’autre : «Il en va de la liberté d’expression. La liberté d’expression, ce n’est pas uniquement pour les propos consensuels».

Lire aussi : la CICAD attaque Sylvain Thévoz en justice

Cyril Mizrahi reconnaît des sensibilités différentes au sein de son parti sur ces questions. Mais cette procédure aurait rapproché les différentes tendances socialistes. Il déplore une situation d’autant plus regrettable que le PS et la CICAD devraient pouvoir se retrouver sur la lutte contre l’antisémitisme.

Cyril Mizrahi refuse toutefois de qualifier la CICAD d’«organe de propagande» du gouvernement israélien. «La réalité est plus nuancée», estime-t-il, tout en évoquant «une certaine ambiguïté» de l’organisation.

Le coprésident du PS défend «le droit à l’existence d’Israël», mais insiste sur la nécessité de distinguer ce principe de la politique du gouvernement de Benyamin Netanyahu.

«De la rivière à la mer», une ligne rouge

Sur le slogan «De la rivière à la mer», Cyril Mizrahi se montre clair. «Oui, quelque part, c’est quand même une ligne rouge.»

Il souligne que cette formule peut avoir plusieurs significations mais appelle à tenir compte de sa réception au sein de la communauté juive. «Pour une grande partie des Juifs, ça veut dire les Juifs à la mer. Et ça, il faut aussi l’entendre.»

Les subventions publiques questionnées

Autre sujet sensible: les subventions publiques accordées à la CICAD et ses interventions dans les écoles. Cyril Mizrahi ne réclame pas leur suppression, mais estime que le débat est légitime.

«Ces propositions sont sur la table. Je crois qu’elles doivent être examinées», explique-t-il. Le co-président du PS souhaite notamment obtenir des réponses sur les interventions de la CICAD dans les établissements scolaires: «Il faut voir qui intervient au sein des écoles et à quelles conditions.»

Le socialiste ne remet toutefois pas en cause par principe le financement public de l’organisation. «S’il y a un vrai travail correct qui est fait de lutte contre l’antisémitisme, ça ne me semble pas un no-go que cette organisation touche une subvention.»

Mais Cyril Mizrahi adresse un avertissement: «Si la CICAD continue sur cette ligne de faire des procédures contre les gens qui ne sont pas de son avis, effectivement, cette question va finir par se poser.»