Après la FAD, l’avocate Lorella Bertani quitte les SIG
Cette personnalité socialiste était «ombudsperson» pour la régie publique depuis cinq ans. Dans la tourmente, elle abandonne ce mandat.
L’avocate socialiste Lorella Bertani était partout, il semble qu’elle ne soit plus nulle part. Après un énigmatique adieu à la Fondation d’art dramatique (FAD) qu’elle présidait, en pleine tempête dans l’affaire de la Comédie, Lorella Bertani vient de quitter sa fonction de «ombudsperson» aux SIG, a appris Léman Bleu. Ce dispositif propose aux employés un accompagnement en cas de conflit, de harcèlement ou de discrimination. La femme de loi était mandatée par la régie publique depuis 2020, ainsi que le consultant Frédéric Naville.
Dans une communication interne destinée aux collaborateurs, intitulée «Évolution du dispositif ombudsperson», les SIG expliquent «qu’une phase de renouvellement est en cours et que la continuité sera assurée par Véronique Reich jusqu’à la désignation des nouvelles ombudsperson». Cette dernière est conseillère juridique et secrétaire du Conseil d’administration des SIG depuis 20 ans.
Contactée, Lorella Bertani confirme son départ en précisant «qu’il s’agissait d’un mandat cadre de cinq ans». Mais elle n’en dira pas davantage. Sollicités, les SIG n’ont pas encore répondu à nos demandes. Pourtant, une question se pose. S’il n’était pas prévu que le mandat de Me Bertani soit renouvelé, pourquoi les SIG n’ont-ils pas anticipé l’engagement d'un successeur pour éviter de devoir assurer l’intérim à l’interne? Dans sa note aux collaborateurs, la régie publique conclue en effet «qu’une nouvelle communication sera partagée dès que la nouvelle organisation sera finalisée».
Ce qui laisse deux options ouvertes: soit la décision de ne pas renouveler ce mandat a été prise rapidement par la régie publique, soit Lorella Bertani a jeté l’éponge abruptement. La régie publique ne nous a pas non plus répondu quant au montant annuel de la rémunération de Me Bertani et au nombre d’interventions effectuées.
Depuis quelques mois, l’avocate est au cœur de plusieurs affaires
Cette fin de mandat intervient à un moment clé pour les SIG, sous la loupe depuis l’affaire des surfacturations, celle du népotisme visant son ex-directeur, Christian Brunier et celle des mandats externes. Pas moins de trois instances se penchent actuellement sur les affaires de ce monopole. Une sous-commission parlementaire, le Service d’audit interne (SAI) de l’État et, comme s’il ne suffisait pas, la Cour des comptes.
Tout autant que la régie publique, Lorella Bertani est dans l’œil du cyclone. Depuis quelques mois, l’avocate est au cœur de plusieurs affaires. La Comédie d’abord: murée dans le silence, imperméable aux nombreuses sollicitations médiatiques, Lorella Bertani a fini par écarter la directrice, Séverine Chavrier, et à lancer un audit, qui s’ajoute à celui commandé par la Ville. Sans attendre les conclusions, elle jette l’éponge cette semaine, par un communiqué laconique.
Dégât d'image pour le PS
La Fondation comme le théâtre se retrouvent donc sans tête. Une situation qui va même inspirer au journal le Monde une enquête fleuve parue ce mercredi, décrivant une «situation ubuesque». Selon nos informations, plusieurs membres du PS déplorent un dégât d’image pour le parti.
Lorella Bertani traîne aussi des casseroles à la Caisse publique de prêts sur gages, une affaire révélée par Léman Bleu: rémunérations exceptionnelles et recrutement de proches notamment. Là encore, la Cour des comptes a également décidé d’aller mettre son nez dans la gouvernance de cette entité publique, sous la tutelle du département des Finances.
Le retrait de l’avocate socialiste de sa fonction aux SIG est peut-être le résultat de sa décision. Mais au vu des circonstances, elle devrait arranger la régie publique, tout comme le parti socialiste.